Petites phrases...
Moi, je ne veux pas être comme les autres. Moi, je veux croire plus que les autres. Je veux pardonner plus que les autres. Rire, chanter, courir plus que les autres. Je dis pas que je veux être meilleur que les autres, je m’en fiche. Je veux être meilleur que moi-même. Je veux être super-vivant.
Wanted Pétula
L’art du clown va bien au de là de ce qu’on pense. Il n’est ni tragique, ni comique ; il est le miroir comique de la tragédie et le miroir tragique de la comédie
Essai sur le clown
Je ferai le clown de mon mieux, et peut-être ainsi je parviendrai à faire l’homme au nom de tous
Effroyables jardins
Et la peur ça me connaît, et le pire ennemi c’est l’ennemi de l’intérieur parce qu’on ne le voit pas alors qu’il est tout prêt tout prêt tout le temps tout le temps.
Monsieur Butterfly
Le temps n’est pas une donnée neutre, il est chargé d’émotions. "Quand je serai grand...", dit l’enfant, "De mon temps...", dit la grand-mère ; que ce soit par nostalgie du passé ou par obsession de l’avenir, il semblerait que l’être humain ait du mal à vivre dans son présent.
pèlerinage sur soi
La culture créative est un liant social qui donne espoir aux épreuves de l’existence, alors que la culture passive est une distraction qui fait passer le temps mais ne résout rien. Pour que la culture offre des tuteurs de résilience, il faut engendrer des acteurs bien plus que des spectateurs
Les vilains petits canards
Le clown incarne les caractères d’une créature fantastique qui exprime l’aspect irrationnel de l’homme, la composante de l’instinct, ce quelque chose de rebelle et de contestataire contre l’ordre supérieur qui est en chacun de nous. Le clown est un miroir dans lequel l’homme voit son image grotesque, déformée et comique. C’est son ombre et elle y sera toujours... Lao Tseu se dit justement : si tu te construis une pensée (=clown blanc), ris-en (= auguste)
Les clowns, les comiques, ont besoin de règles, politiquement aussi. Plus il y a de dictature, plus il y a de règles et mieux c’est, parce que l’artiste est là pour briser les règles et s’il n’y en a pas, il est fichu. La grande puissance de personnage comique consiste à vouloir entrer dans le monde qui le refuse. Lui, il est conformiste vis-à-vis du monde, il sollicite mais on le chasse. Alors, justement parce qu’on le chasse, il brise toutes les règles, mais en les connaissant et en les appliquant toutes...
Le clown amoureux de C. Mileschi et O.Sachelli
Quand le plaisir du jeu domine, et que l’acteur sent vivre son clown, il arrive qu’il l’entende prononcer des Paroles...Soit on est conduit à prononcer des Paroles, soit à parler, ce qui est tout différent. Lorsqu’on est plus à l’écoute de ses émotions ou de son imaginaire, la réaction la plus facile et la plus courante est de se réfugier dans une parole vide, dans un dialogue sans fin, désincarné. En impro, c’est l’émotion qui fait naitre la parole. Celle-ci en est le prolongement, jamais le substitut.
Le travail créateur, librement choisi et pris en charge par le groupe, est le grand principe, le fondement même de l’éducation populaire.
Il n’y a rien d’aussi dangereux qu’une méthode qui se fixe, qui se fige dans sa forme, et un auteur qui tient pour intangible son système "breveté"
Lorsqu’on voit la vie comme un jeu, toutes les erreurs, tous les changements contribuent à faire naître le sens de l’humour et un sentiment de détachement. L’enfant qui joue à grandir le fait aussi par plaisir. Rendre permanent et partager cet état de jubilation créatrice constitue peut-être l’objectif de l’hominisation
On ne peut pas faire de la culture pour tout le monde, dit la télévision, et on ose pas lui répondre que ce n’est pas un problème de culture mais d’intelligence, ce qui n’est pas du tout du même ordre. L’intelligence n’est pas affaire de diplômes...L’intelligence est la force, solitaire,d’extraire du chaos de sa propre vie la poignée de lumière suffisante pour éclairer un peu plus loin que soi, vers l’autre là-bas, comme nous égaré dans le noir.
Mes créations à moi ne sont que les jeux de l’enfant qui vit en moi et j’aime qu’elles amusent, qu’elles touchent l’âme et fissurent les carapaces pour nous rendre à nos enfances... L’art du funambule ou du créateur est dans le mouvement, tout en vivant pleinement l’instant de son pas à pas, "s’arracher à l’habitude et donner du jamais vu avant"
Le clown devient ce médiateur symbolique qui permet à une communauté de se décharger de ses propres contradictions en les prenant sur lui...
Le conformisme pousse à désirer des choses qui ne sont pas le moins du monde désirables, à se laisser étriper, dévaliser pour la possession de biens qui se délitent dès que nous les possédons. Le conformisme nous pousse à faire la sourde oreille aux vraies aspirations de justice, de justesse, d’audace, de solidarité et d’inventivité ; il mène à une torpeur mortelle. La transmission, elle, consiste dans la révélation de la force de l’esprit : l’homme est en mesure de penser ce qui n’est pas.
En jouant, le joueur ré-expérimente son rapport à l’illusion. Il ne peut le faire que dans un cadre sécurisant lui garantissant la certitude de ne pas s’y perdre et de retrouver au sortir du jeu un équilibre entre les mondes interne et externe. Ces conditions permettent l’expérimentation, contribuent à développer la capacité à jouer et à établir une distance entre jeu et réalité...Jouer est une expérience naturelle et universelle ; c’est une expérience créative, une forme fondamentale de la vie, une dimension de la culture
Nous sommes ici bas pour rire. Nous ne le pourrons plus au purgatoire ou en enfer. Et, au paradis, ce ne serait pas convenable.
Jouer : le mois de jouer est le premier mois des vacances. Aprés vient le mois doux, puis le mois de s’étendre.
L’état de naissance de l’individu au jeu est un état d’absentement, un état neutre qui loin de le désincarner, le met en capacité de recevoir avec une plus grande acuité ce que je nomme volontiers l’impression corporelle : empreinte du dehors, et qui me donne à être ce qu’elle me donne à éprouver.
Ne sait pas jouer qui veut, ni quand il veut. Il faut des dispositions, et parfois un apprentissage ou un réapprentissage.
Un homme normal, peut-être, est celui qui est capable de raconter sa propre histoire. Il sait d’où il vient (il a une origine, un passé, une mémoire en ordre), il sait où il est (son identité), et il sait où il va (il a des projets, et la mort au bout). Il est donc situé dans le mouvement d’un récit, il est une histoire, et il peut se dire.
L’art est toujours une lutte contre la barbarie.Le théâtre n’a jamais été fait pour entériner le monde
Le poète, l’artiste, le musicien et le penseur indépendant se nourissent toujours, entre autre, d’une étrange ferveur rebelle à toute tentative de réduction à quelque schéma que ce soit. Il est pour tout artiste d’une nécessité vitale - car c’est la matière fondamentale de l’acte de création - de berner ceux qui attendent quelque chose de précis à un moment précis.
Désirer, ce n’est pas échapper à la sphère de la nécessité, mais c’est, au moins, assumer ; c’est passer de la soumission à une forme de volonté. Certes ce n’est pas agir directement sur le monde...Mais c’est tout de même refuser aussi le pur et simple statut de spectateur du monde. Passer du besoin au désir, c’est s’engager dans et par le jeu. S’engager, résister, on entre là dans un vocabulaire qui flirte avec le politique.
Tout le théâtre, tout le cinéma, toute la littérature, toute forme d’expression repose sur la fragilité. Elle est notre source cachée, le moteur de toute émotion et de toute beauté...Nous devons préserver notre fragilité comme nous devons sauver l’inutile. L’inutile parce qu’il nous sauve du simple calcul productif, maître du monde...La fragilité, parce qu’elle nous rapproche les uns des autres, alors que la force nous éloigne.
Les enfants ont un privilège : on ne leur demande pas de justifier leur existence. On ne demande pas à un enfant ce qu’il fait dans la vie. On le sait bien : il joue, il pleure, il rit. Il vit - et ça suffit pour vivre...
Cela, bien entendu ne sert à rien : le sacré ne sert à rien, l’amour et le plaisir ne servent à rien, l’imaginaire ne sert à rien ! Et même dans les sociètés dont ces "experts" sont les représentants, s’ouvre une immense région d’actes ludiques qu’ils ne peuvent connaître, région sans doute en partie clandestine, mais envahissante plus qu’ils ne le pensent. Ce n’est point par une revolution conçue avec des concepts rationnels de l’Occident que le monde change ou changera, mais avec l’émergence de l’inutile, du gratuit et de l’immense flux du jeu...
Un enfant sans imagination serait un être réflexe qui vivrait dans l’immédiat, le "manger, dormir, crier..." Rien ne prendrait sens pour lui. L’imagination, surtout chez les humains, est un mode de survie, mais ce n’est pas la voie la plus facile. La voie la plus facile, c’est l’adaptation, au risque de disparaître
Être soi-même, rien que soi-même, c’est inouï. Mais comment y arriver, comment y parvenir ? Ah ! C’est ça l’astuce, ça le plus difficile de tout. Le scabreux c’est justement que cela ne demande pas d’effort. Le tout c’est de ne pas vouloir être ceci ou cela, ni grand ni petit, ni habile ni maladroit... Tu agis selon ce qui se présente, mais de bonne grâce bien entendu. Parce qu’il n’y a pas une chose qui n’ait son importance...
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